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Sécuriser un combat de lutte : retour d'expérience

Filtrage, gestion des flux et coordination avec les forces de l'ordre sur un événement à forte affluence. Ce que trois soirées d'arène nous ont appris.

Par FIIT Protection Internationale3 min de lecture
Exercice d'extraction d'une personnalité

La lutte est le sport le plus populaire du Sénégal, et l'un des événements les plus difficiles à sécuriser. Deux écuries rivales, des milliers de supporters, une tension qui monte pendant des heures et explose en quelques secondes au résultat. Voici ce que nous avons retenu de trois soirées consécutives dans une arène de Dakar.

Le plan par zones

Une arène ne se sécurise pas d'un bloc. Nous l'avons découpée en zones, chacune avec son responsable et son effectif :

  • Les entrées, avec filtrage et palpation. Le point le plus sensible avant le combat.
  • Les tribunes, avec des agents en position fixe et des binômes mobiles.
  • L'aire de combat et les accès des lutteurs, réservés aux écuries et au personnel accrédité.
  • Les loges et l'arrière, où les lutteurs se préparent et où la tension est la plus forte avant l'entrée.
  • Les sorties et le parking, souvent négligés, alors que c'est là que les incidents se produisent après le résultat.

Chaque zone dispose d'une radio et rend compte au chef de dispositif, installé à un point d'où il voit l'ensemble.

Le filtrage à l'entrée

Le filtrage doit être ferme et rapide. Ferme, parce que c'est là que l'on écarte les objets dangereux et les personnes alcoolisées. Rapide, parce qu'une file qui n'avance pas devient elle-même un problème de sécurité.

Nous avons multiplié les files, séparé les entrées par catégorie de billet et placé des agents en amont pour orienter le public avant qu'il n'atteigne le contrôle. Le temps d'attente est resté sous vingt minutes malgré l'affluence.

Gérer les supporters des deux écuries

La règle de base : ne jamais laisser les deux camps se mélanger dans les zones à risque. Tribunes séparées, accès séparés, sorties échelonnées. Les agents en tribune sont placés aux frontières entre les groupes, pas au milieu.

Nous avons aussi identifié à l'avance les meneurs de chaque camp, souvent connus des organisateurs. Un mot avec eux avant le combat, un regard pendant, et la plupart des débordements s'arrêtent avant de commencer.

La coordination avec les forces de l'ordre

La sécurité privée ne remplace pas la police, elle la complète. Avant l'événement, nous avons présenté notre plan au commissariat et à la protection civile. Pendant, un officier de liaison était présent au poste de commandement avec notre chef de dispositif. La police est restée à l'extérieur, prête à intervenir, et n'a pas eu à entrer.

Le moment du résultat

C'est le moment où tout se joue. Dès l'annonce, les agents des sorties prennent position. Les supporters du perdant sont dirigés vers une sortie, ceux du vainqueur vers une autre, avec un décalage de quelques minutes. Les lutteurs et leurs écuries quittent l'arène par un accès séparé avant le public.

Sur trois soirées, la sortie complète du public a pris moins de quarante minutes, sans incident majeur.

Le rapport de fin d'événement

Le lendemain, le chef de dispositif remet à l'organisateur un rapport : effectifs par zone, incidents, temps d'entrée et de sortie, recommandations pour la prochaine édition. C'est ce rapport qui a convaincu l'organisateur de reconduire FIIT pour les soirées suivantes.


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